Mieko Miyazaki & Suizan Lagrost

Musique de chambre japonaise

« Qui sait jusqu'où s'élève le son pur du koto, charmant, beau, limpide, noble, tel qu'il semble une musique céleste... (澄のぼる琴のね何処までゆくらん、うつくしく面白く、清く尊く、さながら天上の楽にも似たりけり)» Ce sont les mots employés par l'écrivain japonais Higuchi Ichiyō (1872 - 1896) dans le récit du Koto non ne (Le son du koto, 1893) pour décrire le son de cet instrument à cordes japonais traditionnel et ancien qui a accompagné durant des siècles la musique de cour. Sa sonorité évoque des atmosphères raréfiées et suscite des sensations d'intense émotion. Loin de la sonorité occidentale, le son du koto frappe par sa capacité d'émouvoir et de mener l'auditeur dans une dimension de calme et de profondeur, où les notes résonnent avant tout dans l'esprit. L'harmonie s'entrelace et se déroule avec des rythmes parfois pressants, parfois lents, presque suspendus, qui surprennent l'auditeur par leur pureté...

Prof Aldo Tollini Universita' Ca' Foscari - Venezia

La musique traditionnelle japonaise est très différente selon qu’elle provient d’une région rurale ou citadine. La musique citadine est jouée dans des productions théâtrales et des salons de musique de chambre. Quant à la musique de shakuhachi, musique religieuse jouée par des komusō, indépendamment des temples, elle n’appartient à aucune de ces catégories. La musique ayant le plus de succès auprès de la population est celle du théâtre mais parallèlement, l’État japonais protège des salons de musique mettant en valeur des artistes aveugles. Ces derniers élaborent un genre appelé sankyoku, réunissant les trois instruments : koto, shamisen et shakuhachi. Cette musique a la particularité d’être jouée hors contexte (théâtre, maisons de plaisir, etc.), contrairement aux autres genres musicaux.

Mieko Miyazaki