Mieko Miyazaki Koto Guo Gan Erhu

Le duo de Mieko Miyazaki et Guo Gan est né de la rencontre en France de deux musiciens professionnels qui ne se seraient jamais croisés s’ils étaient restés dans leur Extrême-Orient natal... Et pourtant, le koto japonais à cordes pincées et l’erhu chinois à archet étaient faits pour se rencontrer comme la guitare de Django Reinhardt avec le violon de Stéphane Grappelli! La géographie et l’histoire ont séparé les cultures chinoise et japonaise, l’une inspirée par les grands espaces et l’autre née de la confrontation entre la montagne et l’océan. Les deux artistes ont donc été formés dans des traditions musicales différentes, tous deux au plus haut niveau d’excellence et de virtuosité. Mais leur ouverture d’esprit et leur curiosité les poussent à enrichir leur pratique « classique » par un apport extérieur. Leur écoute mutuelle et leur amitié permettent à leurs modes d’expression de fusionner pour donner une nouvelle vie à des mélodies traditionnelles des deux pays, et pour créer des compositions personnelles. Le dialogue de la voix de Mieko et de l’archet de Guo Gan devient le symbole de la réconciliation entre les peuples. Et comme ils vivent en France, ils ne refusent pas cette autre culture, donnant une version très originale, nostalgique et poignante, des « Feuilles mortes » de Kosma. Encore plus étonnantes sont leurs transcriptions des chefs-d’œuvre pour piano de Debussy, révélant l’importance de l’influence asiatique sur le compositeur français, qui collectionna les estampes japonaises et utilisa la gamme chinoise dans ses œuvres. Voilà donc une musique du monde par excellence, fondée sur les traditions les plus anciennes pour aboutir à une création littéralement inouïe. François Clairant (Critique musical au quotidien Sud Ouest à Bordeaux)